Juin, quelque part dans Paris. Une voiture déboule avec un drapeau du Portugal froufroutant sur le toit. La Coupe du monde de football est passée par là.
Alors ça, je ne comprends pas
, s’exclame le peintre L.-P. Promenheur.
Vous ne comprenez pas quoi ?
Je rectifie : ce n’est pas que je ne comprenne pas ; je ne participe pas.
Chacun a le droit d’avoir les petites joies qu’il peut. Mais je trouve navrant la confusion qu’il y a désormais entre le sport et la fierté de se trouver de telle ou telle nation. Il ne me semble pas que gagner ou perdre au football engage la dignité d’un pays. Et je trouve ce panurgisme déplorable.
Vous semblez pourtant l’aimer vous aussi notre drapeau ?
Il me plaît en ce qu’il symbolise l’âme, l’esprit, les composantes de ce pays. Mais le seul élément qui m’intéresse vraiment, c’est cet équilibre de pensée, cette clarté de langage. Ce qui me plaît dans le drapeau français, c’est le blanc. J’apprécie sa mesure. Or ce qui m’afflige, c’est le débordement des passions, le manque de maîtrise de soi que nous retrouvons chez tous ces gens qui hurlent et vont pavoiser à l’extrême. Je trouve ça attristant… attristant et Iseult (il rit).
